Le départ de la brasserie Heineken sonne-t-il la fin du règne de la bière d’Alsace ?

“C’est toujours cruel d’apprendre qu’un domaine viticole ferme, surtout en Alsace, déplore Dominique Bodendestil, président des Brasseurs d’Alsace. Difficile de savoir que Heineken L’Esperance existe depuis 50 ans. Depuis l’annonce du projet de fermeture du site de la brasserie de Schiltigheim au cours des trois prochaines années, les réactions ont été aussi vives qu’une véritable confusion… Son départ annonce-t-il l’impact de la bière brassée en Alsace, en France ?

Plus qu’une question « d’honneur », ce sont les implications économiques qui préoccupent pour l’instant élus, syndicats et brasseurs. Ce projet de sortie va “mettre à mal la structure économique de la cité historique du vin, pour laquelle la Fédération PCF du Bas-Rhin condamnera, et la situation économique de notre région en licenciant des centaines d’ouvriers”, selon l’affaiblissement de la filière viticole. Crise “. D’autres s’inquiètent de la nouvelle disparition symbolique dans le Bas-Rhin en général, après l’annonce du siège d’Adidas à Strasbourg, qui serait le signe d’un manque d’attractivité.

Une crise qui n’est pourtant pas la première dans le monde de la production alsacienne qui, même avec des fermetures fréquentes, les bières Mutzig, Adelshoffen, Schultzenberger-Fischer, respectivement, ont connu une période très critique. “Avec la fermeture des flagships, il y a une période de vide et il ne reste plus de succès, pas même les brasseries artisanales qui font aujourd’hui partie du décor”, note aussi Dominique Bodendistel, PDG de la Brasserie Licorne. Une cave basée à Saverne (Bas-Rhin), qui est la troisième plus grande avec 400 millions de décantations produites annuellement.

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Ce dernier note que Heineken, avec son enseigne géante sur la tour qui domine la ville de Schiltegem, a finalement “une image très internationale. Je pense qu’il y avait un lien très local avec des brasseurs comme Schutzenberger. La résonance ne sera pas la même.” Mais s’il reste que 220 emplois de la viticulture alsacienne sont menacés”, insiste-t-il. « Mais l’image de Heineken, l’usine de Scheltigem, ne perturbera pas la pérennité de l’univers des brasseries alsaciennes. Car il y en a d’autres, et la plus grande cave de France, Kronenbourg, en Alsace, à Obernai, dans le Sauern Lekorn, Meteor à Hochfelden et de nombreuses microbrasseries ou brasseries de taille moyenne, artisanales, qui sont aujourd’hui très importantes”.

17 novembre 2022 Domaine viticole Heineken L'Espérance à Schiltigheim
17 novembre 2022 Cave Heineken L’Espérance à Schiltigheim – G Varela / 20 min

La plus grande région viticole de France

Si ce départ est certes un mauvais signal pour le président des vignerons d’Alsace, il rappelle que l’Alsace restera tout de même la plus grande région viticole de France. “Mais ça va tomber à la limite des 50% de la production nationale. C’est une charge un peu symbolique qu’on peut maintenir pendant de longues années malgré les fermetures fréquentes”, insiste le président. “Là, le volume va diminuer car Heineken a 1,5 million d’hectolitres par an, ce qui équivaut à 600 millions de pintes de bière. Jusqu’à présent, nous avons eu entre 55 et 57 % de la période de production en France. La part de Heineken est forte. C’est pourquoi nous passera sous les 50 %, mais nous avons encore une belle marge de manœuvre pour rester la première région viticole de France.

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Reste que ce départ annoncé de Schiltigheim dans trois ans doit tenir compte de la forte dynamique qui se met en place. Et un peu d’espoir est né. Heineken a en effet évoqué la création d’une microbrasserie Fischer à Scheltigem, même si la quantité de bière produite sous cette marque ne correspond pas vraiment à une microbrasserie mais à une brasserie de taille moyenne. Dans le monde des boissons, on parle aussi d’un “projet passionnant” qui sera dans les tuyaux, près de Sheltegame…

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Quoi qu’il en soit, l’abandon du grand vigneron « dès la création d’un » devrait rendre nécessaire de « fédérer encore plus la communauté viticole alsacienne, du fait du directeur des vins ». L’Alsace se caractérise aussi par sa mixité. entre de très grands groupes et des vignerons indépendants de taille moyenne, des artisans. Et c’est un atout fort.”

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