« Que vaut la vie de Morgan si rien ne change ? » A Cahors, le procès de l’accident de chasse de trop

Sur la marche des blancs en mémoire de Morgan Keane, à Cajarc (Lot), le 4 décembre 2021.

Le 2 décembre 2020, Julien Féral partait à la chasse au sanglier avec une carabine à pompe Remington, calibre 7 mm, portée 1 km. « Avec cette arme, l’animal n’a pas à souffrir. Avec un fusil de chasse à courte portée, l’animal peut être blessé. On m’a conseillé d’acheter ceci, j’ai suivi ce conseil, car je n’y connais rien. » Cela fait seulement six mois que cet Aveyronnais, aujourd’hui âgé de 35 ans, a obtenu son permis, il s’est lancé dans la chasse sur les conseils de son beau-frère. “Pour me vider l’esprit, concernant la mort de ma fille”a été écrasé en 2018 à l’âge de 7 ans par un tracteur dont le chauffeur avait trop bu.

Il est 16h30 le 2 décembre 2020, le ciel est gris, le jour se meurt mais la chasse d’une quinzaine de chasseurs se poursuit dans les champs de Cajarc et de Calvignac, dans le Lot. Plus tôt dans la journée, Julien Féral a raté quatre fois un sanglier, échouant quatre fois le laissant moqué par ses coéquipiers. Une cinquième chance a été donnée à l’étudiant de première année qui, entre-temps, était posté dans un autre champ, à l’abri d’une petite forêt. « J’ai vu cette masse noire monter dans les buissons, descendre un peu puis s’arrêter. Je me suis dit : « Purée de pommes de terre, j’ai raté le sanglier ! J’ai attendu quelques secondes. J’ai visé. Je tire. » A 80 mètres, Morgan Keane s’effondre. La balle a pénétré les poumons et le cœur.

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Le jeune homme de 25 ans, que le chasseur supposait être un sanglier, était un enfant du pays, né ici d’un père anglais et d’une mère alsacienne, tombé amoureux des Causses du Quercy, et venu s’installer dans une petite loger. Cette maison surplombant le Lot, isolée au coeur de la petite forêt, leur appartient aussi. La mère est décédée en 2016. Le père est décédé en 2019. Morgan y vit toujours avec son jeune frère Rowan. Lorsque l’accident s’est produit, il habitait à quelques dizaines de mètres de chez lui, il était sorti couper du bois de chauffage pour l’hiver.

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“C’est resté gravé dans ma tête pour le reste de ma vie”

“Combien vaut la vie de Morgan si rien ne change ?” »demander à M.e Benoît Coussy, l’avocat de son frère, jeudi 17 novembre, alors que des dizaines de proches de victimes remplissaient la salle d’audience du tribunal correctionnel de Cahors. Leur mobilisation au lendemain du drame – notamment la formation collective Un jour, un chasseur – a eu un retentissement national et a déclenché une mission d’information du Sénat sur les questions de sécurité, concluant La thèse de cette mission a été publiée en septembre. le procès pour homicide involontaire sera une chasse à l’homme.

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