Situation aux Wasps, différence entre l’Angleterre et la France pour le rugby féminin… Entretien EXCLUSIF Quinze Mondial avec Lénaïg Corson (partie 1/3)

Zapping Monde Quinze Bouclier de Brennus, XV de la Rose, Coupe du Monde 2023…

Nous avons eu l’occasion de nous entretenir longuement avec l’ancien joueur du XV de France Lénaïg Corson. Tout au long de cet entretien, le Français revient avec nous sur ses dernières actualités avec le club des Wasps, mais aussi sur ses projets d’avenir, liés au sport et à un autre domaine qu’il affectionne : la protection de l’environnement. On évoque aussi le parcours de l’équipe de France féminine lors de la dernière Coupe du monde, et l’évolution du rugby féminin, en France comme ailleurs.

Dans la première partie de cet entretien, Lénaïg Corson évoque ses récentes mésaventures avec le club anglais des Wasps, club qu’elle a rejoint à l’intersaison mais qui a été mis en liquidation judiciaire. C’est une situation compliquée, mais cela n’enlève rien à la motivation de l’internationale française qui explique pourquoi elle veut rejoindre l’Angleterre, et la différence qu’elle voit, dans la promotion du rugby féminin, par rapport à la France.

“Ici, ils sont très bons dans le “sport business” et dans la promotion du sport féminin”

Lénaig Corson

Lénaig CorsonCrédit photo – Icône Sports

Lénaïg, on sait que tu as été durement touché par la crise du club des Guêpes (le club a été mis en liquidation judiciaire et a dû licencier ses salariés, dont des joueurs du club, ndlr). Parlez-nous donc d’abord de votre situation, et comment vous avez vécu cette situation.

Après seulement un mois et demi passé au club pour jouer, je ne m’attendais évidemment pas à un tel changement ! J’étais parti avec beaucoup d’ambition, d’intention, et du jour au lendemain, les problèmes financiers de Wasps sont arrivés sur le tapis.

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Trois jours après mon arrivée en Angleterre, je reçus de mes amis un article français évoquant la situation de Worcester et des Wasps. J’ai alors parlé au responsable du club qui m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’une solution avait été trouvée et que la situation n’était pas aussi critique qu’à Worcester. Alors, j’ai cru et je me suis dit que ça irait. De retour à Paris pour la Nuit du Rugby, les gens n’arrêtaient pas de me parler de l’actualité des Wasps et je leur ai répondu que j’étais bien informé mais tout le monde au club m’a dit que ça irait.

Le 17 octobre, nous avons appris que le club était placé en liquidation judiciaire mais là encore tout le monde est resté positif et on nous a dit qu’une solution serait trouvée, qu’il y avait trois investisseurs dans le projet et que le club serait racheté. . Forcément, je me suis dit que je pourrais rester au club. Mais j’ai quand même demandé à avoir un entretien plus approfondi avec la responsable de la structure féminine, qui m’a dit de façon très réaliste qu’il n’y avait plus d’argent, que mon visa avait été retardé car les Wasps n’existaient plus. Et comme mon salaire vient de la structure Wasp man, tout ça me bouleverse un peu.

Je me demande si je pourrai rester au club, d’autant plus que la vie à Londres est chère et qu’on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche ! Je vais aussi annoncer que je quitte le club mais la bonne nouvelle pour moi c’est que je suis un joueur avec un palmarès, qui a attiré d’autres clubs donc je vais pouvoir rebondir ailleurs.

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Vous avez donc une autre voie pour la suite de votre carrière, en Angleterre ou ailleurs ?

oui. Ce n’est pas encore officiel, mais ce sera en Angleterre. J’ai vraiment envie de continuer mon aventure dans ce pays car je sais pourquoi j’y vais : je suis déterminé à vivre quelque chose de nouveau, à sortir de ma zone de confort. L’Angleterre reste un pays pas trop éloigné de la France, ce qui me permet de faire la navette.

Je veux aussi découvrir la vision anglo-saxonne qui m’a toujours fasciné. Ici, elles sont très bonnes dans le “sport business” et dans la promotion du sport féminin. Alors je vais essayer de m’inspirer de ce qu’ils font ici, pourquoi pas un jour, voir ce qui peut être reproduit en France.

Alors justement, vous avez maintenant l’avantage de connaître deux systèmes différents. Quelles sont les grandes différences que tu vois entre la vision du rugby en Angleterre et celle que l’on peut avoir en France ?

Ces dernières années, l’Angleterre a vraiment fait un pas en avant. Depuis la Coupe du monde 2014, il y a eu une vraie dynamique pour le rugby féminin en France. Les gens sont venus en masse au stade pour voir l’équipe de France. Et les Anglais étaient assez jaloux de cet esprit. Ils s’inspirent donc de ce qui se fait bien en France. Et aujourd’hui, l’équipe d’Angleterre a pris le relais car il y a le développement d’une stratégie globale autour du rugby féminin.

Cette stratégie prend en compte non seulement l’équipe nationale mais aussi les clubs d’élite, ce qui n’existe pas forcément en France. Nous avons mis beaucoup d’accent sur l’équipe de France, avec beaucoup de promotion autour de l’équipe et plus de moyens que jamais. Mais en France, pour les clubs, très peu se fait, en termes de retransmission des matchs à la télé par exemple.

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En Angleterre, il y a une vraie stratégie autour des équipes d’élite, avec Allianz comme sponsor de la Premier League qui fait grandir le championnat. On peut suivre les joueurs de l’équipe nationale anglaise en sélection mais aussi dans leurs clubs. Et cette promotion du tournoi permet aussi de découvrir d’autres petites pépites.

La ligue anglaise est, pour moi, l’une des plus intéressantes au monde, avec des joueurs australiens, néo-zélandais, irlandais, écossais, gallois et même français avec moi. Il y a une vraie vision en Premier League et en RFU (England Rugby Union, ndlr) jouer réellement le jeu pour aider à ce développement. Avec un objectif de 100 000 joueurs licenciés d’ici 2025 ! C’est ambitieux, mais cela correspond à l’intérêt grandissant des femmes pour le rugby. Pour la Coupe du monde par exemple, j’ai été surprise de voir autant de femmes journalistes la couvrir. Il y a un vrai engouement et c’est pris au sérieux, contrairement à ce qui se fait en France.

La suite de cette interview à retrouver demain au Quinze Mondial…

résumer

Nous avons eu l’occasion de nous entretenir longuement avec l’ancien joueur du XV de France Lénaïg Corson. La vie en Angleterre, la situation aux Wasps, l’évolution du rugby féminin, l’environnement dans le sport… la Française partage sa vision sur de nombreux sujets. Disponible exclusivement au Quinze Mondial.

Hélène Brasseur

MenLife : le réseau des hommes du quotidien



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